Formation prise de parole en public

Richard Hamon & Mirta Roux

Développer une idée principale : l’exemple de Quedubon

En janvier 2017, je me suis formé à la prise de parole auprès de Jean-Jacques Malherbe, formateur à Paris. J’avais, comme il le demande aux participants en amont, préparé un discours écrit de 3 minutes sur un projet de promotion de la qualité locale. 

Marquer son discours d’une empreinte forte

Pour rédiger ce blog je me suis replongé dans mon premier discours. Voici ce que je voulais dire au départ en substance : 

  • J’entends mettre mon énergie au service du développement économique local nantais.
  • Je veux créer un groupement de professionnels partageant les mêmes valeurs, ayant pour nom Quedubon. 
  • L’objectif est de toucher un public plus large que les militants convaincus.
  • Le bénéfice client sera mis en avant à travers une charte d’engagement qualité.
  • Enfin, j’ai la volonté d’apporter un plaisir renouvelé dans le rapport à la consommation ».

Et j’avais prévu de résumer le projet en 5 points (ce qui était plutôt une bonne idée…)

A la relecture, je pense que la structure de mon message était plutôt équilibrée et fluide Mais il y a un hic : rien ne ressort vraiment de mon intervention qui ressemble davantage à un exposé. 
Pourquoi ? Parce qu’au moment de la rédaction, je me suis davantage demandé si je retrouvais les fondamentaux de mon projet que ce que je souhaitais que le public retienne. Et ça change tout !

Au fil de cette formation de trois jours, j’ai retravaillé mon discours pour le simplifier et l’illustrer. Au final, voici ce que donnait en substance ma dernière intervention :

Introduction : « Choisir Quedubon, c’est préférer la qualité locale « 

Argumentation : Quedubon, c’est quoi ? » : un groupement de professionnels locaux (habitat, alimentation, cosmétique…)
A quoi répond ce projet ? : la demande de produits locaux et bio est en progression constante (+ 15% an) mais il est difficile pour le consommateur de les retrouver en seul endroit.
Pourquoi choisir le site quedubon.fr ?
> Parce que vous achetez des produits sains et durables
> Parce que vous faites vivre des professionnels locaux
> Parce que vous agissez pour la planète

Conclusion : « Choisir Quedubon, c’est préférer la qualité locale ! »

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve que l’angle d’attaque est plus clair avec une idée principale développée et une seule : « la consommation locale est vertueuse ». Exit les autres aspects du projet (la charte, les différentes motivations, le rapport à la consommation ».
Choisir c’est renoncer…
Je développe ensuite la structure d’un message mais notez dès à présent la trame type : introduction > argumentation > conclusion. Cela peut paraître très scolaire mais ça marche depuis l’Antiquité ! Relevez également la reprise de l’idée principale au début et à la fin de l’intervention.

Car il est deux choses essentielles : soigner son entrée en matière ET sa conclusion.

Structurer un discours

Voici une trame théorisée par Cicéron dans les règles de l’éloquence. Je m’y suis converti à la lecture de l’ouvrage de Stéphane de Freitas, « Porter sa voix », également auteur du documentaire à succès « A voix haute ».

Préparer un « discours classique »

La structuration d’un message autour du triptyque introduction > argumentation > conclusion est une valeur sûre, d’autant que nous l’avons largement pratiquée à l’école. Précisons maintenant à quoi chacune de ces parties sert et ce qu’elle contient.

  • L’introduction : elle sert à énoncer l’idée principale de son intervention et à contextualiser le sujet. Quand nous intervenons, nous avons tendance à considérer que le public connaît le thème et l’objectif de notre présence mais il n’y a pas d’évidence. L’auditoire doit comprendre très rapidement de quoi il s’agit, de la façon dont cela va se passer et ce que l’on attend de lui. L’annonce d’un plan peut donc être intégrée à cette étape mais elle est facultative.
  • L’argumentation : cette partie sert à donner du corps à votre intervention, à étayer votre discours. Elle va intégrer les points clés qui soutiennent votre idée principale, eux-mêmes structurés autour d’arguments illustrés par des exemples concrets. En cohérence avec l’objectif initial de privilégier l’impact, il est d’usage de se limiter à trois points qui vont structurer votre développement. Quant aux arguments, et c’est le conseil de Cicéron, il est préférable de positionner les plus forts au début et à la fin, et les plus légers au milieu. Dernier élément à ne pas négliger : les transitions entre chaque partie qui donneront de la fluidité à votre intervention.
  • La conclusion : cette partie va vous permettre de synthétiser vos idées. Pour la réaliser, vous pouvez vous poser cette question : « Qu’est-ce que je souhaite que le public retienne quand il va quitter la salle ? »
    C’est le moment de reprendre l’idée principale et les points clés de votre message en synthèse.
    Et pour finir sur une note qui va durablement marquer votre public, la dernière phrase a toute son importance. Il peut s’agir d’une citation, d’une formule personnelle qui résume votre pensée, votre ressenti ou d’une invitation à l’action.

Voici la trame de cette structure classique qui peut être adaptée selon notre objectif, les circonstances et notre public.

 1. L’introduction

 a) L’exorde  (la première phrase pour aiguiser la curiosité du public)

 b) L’énonciation du sujet  (le thème, le contexte, notre point de vue)

 c) Le plan (facultatif mais très utile pour guider l’auditoire)

 2. L’argumentation

a) La narration (la description de la situation, des faits)

 b) La confirmation (l’exposé des arguments)

    • Idée 1
      • Argument A + exemple A
      • Argument B + exemple B
      • Transition
    • Idée 2
      • Argument A + exemple A
      • Argument B + exemple B
      • Transition
    • Idée 3
      • Argument A + exemple A
      • Argument B + exemple B

c) La réfutation (des arguments opposés – peut être articulée avec l’argumentation)

 3. La péroraison (conclusion)

a) Le rappel de notre position (la synthèse de nos idées)

 b) La morale (optionnelle)

 c) La dernière phrase (invitation à l’action, ouverture…)

A vos discours !